Conakry, samedi 9 août 2025 – À l’approche du référendum constitutionnel prévu le 22 septembre prochain, la rédaction de ReferenceGuinee.com a rencontré Mohamed Bakary Keita, ancien député à l’Assemblée nationale et acteur politique.
L’entretien a porté sur la vulgarisation de la nouvelle Constitution et le référendum à venir.
En ouverture de l’entretien, Mohamed Bakary Keita a exprimé son appréciation globale du texte, fort de 199 articles. Selon lui, seuls deux articles font l’objet de contestation, et encore, ce sont des contestations mineures.
« Il n’y a que deux articles qui font l’objet de contestation, et ce sont des contestations mineures. Le législateur doit être félicité par le peuple de Guinée. Qui ne fait l’objet d’aucune contestation, en tout cas par rapport non seulement à son écriture et à sa rédaction qui reflètent la compétence des jeunes Guinéens qui se retrouvent aujourd’hui au CNT, mais aussi, il faut dire que ces contestations mineures ne touchent que deux points », a-t-il fait savoir.
Le premier point concerne le mandat présidentiel fixé à 7 ans. Il reconnaît que certains y voient une manœuvre en faveur de certains acteurs politiques, mais il appelle à dépasser cette perception.
« Les gens se font une idée de cela en voulant bien sûr attribuer cela à une certaine situation qui privilégie certaines personnes. Mais quand on est dans un État, on doit dépersonnaliser le débat. »
Il poursuit en insistant sur le fait que le système public guinéen est au rabais et que les priorités doivent se concentrer sur des secteurs clés, notamment l’éducation.
« La priorité de tous les hommes politiques aujourd’hui, ça doit être par exemple le système éducatif. Prenons le système éducatif si l’on doit faire des réformes qui doivent être inspirées par un président de la République… »
Concernant le secteur éducatif, il en souligne la durée et la complexité, expliquant que le président doit bénéficier de suffisamment de temps pour mener à bien des réformes profondes.
« Le cycle primaire est de 6 ans, le collège est de 4 ans, le secondaire (lycée) est de 3 ans. Ça nous fait 13 ans. Quand un président de la République veut vraiment inspirer du sérieux dans cela, il lui faut du temps. »
« Si le système éducatif est une priorité pour tous, alors celui ou celle qui veut être le futur président de la République, donnons-lui le temps de faire en sorte que l’éducation de nos jeunes, de nos enfants soit bien sûr réformée, cette fois-ci avec le sérieux qui est bien sûr notre volonté à tous. »
Selon lui, cela n’a rien à voir avec des intérêts particuliers. Le temps présidentiel long permet tout simplement la mise en œuvre de réformes durables.
« Ça n’a rien à voir avec quoi que ce soit. Donnons-lui le temps de le faire, car ce n’est qu’un secteur. Et quand le législateur a pensé à cela, je me suis dit que c’est du professionnalisme qui a été fait. »
Il a également salué l’introduction de la candidature indépendante, qu’il considère comme une mesure qui donne plus de liberté aux citoyens.
« La candidature indépendante donne la liberté à tous les Guinéens, comme cela bien sûr peut leur être consacré, d’être candidats, bien sûr s’ils en ont la capacité et la volonté. Et s’ils pensent qu’ils en ont les compétences. Tout en disant qu’ils doivent se faire parrainer. »
« Cela donne la latitude aux Guinéens, car ils jouissent de leurs droits civiques, de bien sûr candidater à toutes les élections. Cela a été bien sûr consacré aux Guinéens qui l’ont souvent réclamé. »
Il justifie cette avancée par la frustration de nombreux citoyens face à des partis politiques qu’ils jugent trop verrouillés.
« Parce qu’ils ont tendance à voir que les partis prennent en otage, bien sûr, les postes électifs du pays, et qu’eux ne veulent pas appartenir à des partis politiques pour ne pas être esclaves d’un certain nombre de principes, de valeurs qui leur sont imposés par l’entité qui les a mis là-bas… »
« …et veulent avoir bien sûr, dans cette époque, je pense, une chance qu’il faut aussi tenter pour voir si les choses peuvent s’améliorer. »
Il conclut en insistant sur le fait que la démocratie est un processus évolutif, qui doit s’adapter aux réalités et aux besoins du peuple.
« Dans un pays, les processus démocratiques doivent s’améliorer continuellement. Et cela est une obligation. »
« Quand le peuple demande, c’est parce qu’il a des doutes par rapport, bien sûr, à des partis politiques qui peuvent demander à des émissaires qu’ils envoient dans des institutions de démissionner quand ils sont en contradiction ou en opposition avec l’État pour des questions banales, des fois, puisque nous l’avons vécu… »
« Voici des conséquences qui ont été tirées par le peuple, bien sûr, à proposer au CNT de faire en sorte que des gens indépendants soient candidats, pour ne pas être assujettis par des obligations autres que des obligations politiques. »
Séverin Lamah et Eugène Capi Balamou pour ReferenceGuinee.com
