Le dossier de l’ancien président de la Transition burkinabè, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, aurait connu une évolution majeure ce week-end. Selon plusieurs sources concordantes, l’ex-chef de l’État aurait été interpellé à Lomé avant d’être expulsé du territoire togolais, mettant ainsi fin à plus de trois années d’exil.
D’après des informations proches du dossier, Paul-Henri Sandaogo Damiba aurait été conduit le vendredi 16 janvier devant la Cour d’appel de Lomé, à la suite d’une requête judiciaire transmise par les autorités burkinabè. La juridiction togolaise aurait statué favorablement sur une demande d’extradition émanant de Ouagadougou, dans un contexte marqué par de fortes tensions sécuritaires au Burkina Faso.
Le lendemain, samedi 17 janvier, l’ancien dirigeant aurait été escorté à l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma après un bref passage dans une résidence sécurisée, communément appelée le complexe des « Six villas », où il résidait sous étroite surveillance. Il n’aurait été autorisé à emporter que quelques effets personnels avant son départ, vers une destination qui n’a, à ce stade, pas été officiellement révélée.
Cette évolution intervient dans un climat de suspicion lié à une tentative de déstabilisation déjouée dans la nuit du 3 janvier 2026 au Burkina Faso. Selon les autorités burkinabè, cette opération aurait visé des installations stratégiques, notamment une base de drones, avec pour objectif d’affaiblir le dispositif sécuritaire national. Le principal suspect présenté comme le cerveau du complot aurait été interpellé peu avant le passage à l’acte.
Dans ce contexte, le nom de Paul-Henri Sandaogo Damiba est régulièrement cité par les autorités de transition comme étant lié à des projets de renversement du pouvoir actuel dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré. Toujours selon les mêmes sources, le gouvernement togolais lui aurait adressé plusieurs avertissements au cours des derniers mois, l’exhortant à s’abstenir de toute activité susceptible de menacer la stabilité du Burkina Faso. Ces mises en garde seraient restées sans effet.
À ce jour, aucune communication officielle n’a été faite ni par les autorités togolaises ni par celles du Burkina Faso pour confirmer ou infirmer une extradition formelle. Le silence observé par les deux capitales entretient les spéculations autour du sort exact de l’ancien chef de la Transition, dont le lieu de destination et de détention demeure inconnu.
Cette affaire, aux implications politiques et sécuritaires majeures, pourrait marquer un tournant dans les relations régionales et dans la gestion des exils politiques en Afrique de l’Ouest, dans un contexte sous-régional déjà fragilisé par les transitions militaires et les menaces sécuritaires persistantes.
