le porte-parole sans crédit d’un gouvernement aux abois (par Ibrahima Diallo)

Depuis que Alpha Condé a choisi un certain Tibou Kamara comme porte-parole de son gouvernement, les tribunes sont publiées à une fréquence qui ne manque pas de faire rire tout le monde. En moins de deux mois d’exercice de cette fonction, Tibou Kamara a publié plus de tribunes que tous ses prédécesseurs n’en n’ont fait tout le temps qu’ils ont exercé la même fonction. Évidemment, c’est tout ce qu’il sait faire, rien d’autre.

Le mercenariat de la plume est sa spécialité. Puisqu’il ne fait rien au ministère de l’Industrie et qu’il n’a d’ailleurs aucune compétence pour diriger un tel département, il faudrait bien qu’il se trouve une occupation pour mériter un tout petit peu l’argent du contribuable guinéen. Et puisqu’il n’y a que le manteau de porte-parole du gouvernement qui lui sied, il était pressé de récupérer cette fonction. Son prédécesseur avait déclaré qu’il n’avait pas suffisamment de temps pour exercer efficacement sa fonction de ministre et assumer en même temps la fonction de porte-parole du gouvernement qu’il trouve assez prenante. Et comme lui Tibou Kamara ne travaille et que son bureau de ministre de l’Industrie est toujours vide, il passe son temps à s’en prendre aux plus valeureux que lui et à justifier toutes les décisions impopulaires que le dictateur Alpha Condé, qu’il sert, veut imposer au peuple de Guinée. Il n’hésite pas à tomber dans le mépris et l’arrogance en affirmant sans honte que les Guinéens vivent sur le dos de l’État comme s’ils ne payaient pas des taxes et impôts. Une telle déclaration révèle la personnalité de Tibou Kamara.

Prétendre que les populations guinéennes vivent sur le dos de l’État avec les sacrifices qu’elles consentent tous les jours pour arriver à joindre les deux bouts est une insulte. Bien qu’il se soit battu comme un beau diable pour tenter de convaincre les citoyens sur la pertinence de l’augmentation du prix du carburant à la pompe, il doit reconnaître qu’il n’a pu convaincre personne. Le mensonge sur une prétendue subvention du carburant par l’État était si immense qu’il ne pouvait que buter sur un mur d’incrédulité.

Comme pour reconnaître son échec à faire passer son message truffé de mensonges, il déclare que personne ne croit plus à la parole publique. Mais peut-on croire à la parole d’individus qui soutiennent aujourd’hui ce qu’ils ont combattu avec force hier? Tibou Kamara oublie encore une fois que les Guinéens ne sont pas aussi amnésiques que lui. Celui qui appelait, il y a quelques petites années seulement, à une insurrection contre le régime de Alpha Condé, s’imaginait-il que les Guinéens prendraient au sérieux les déclarations des personnes qui leur demandent de serrer la ceinture pendant que les ressources nationales sont dilapidées par un clan de kleptocrates dont il est membre. La parole publique n’a de valeur que si elle repose sur l’éthique.

Apparemment, Alpha Condé, bien que dictateur, garde encore un peu de lucidité. Il a compris en effet que s’il suit les recommandations et conseils de personnes comme Tibou Kamara, la chute de son régime interviendra plus vite qu’il ne s’y attend. D’où cette reculade que le même Tibou Kamara tente maladroitement de justifier encore. Alpha Condé se souvient sans doute du rôle néfaste et nocif qu’il a joué auprès de l’infortuné capitaine Moussa Dadis Camara et qui a été la cause médiate des événements dramatiques du 28 septembre 2009.

Tibou Kamara doit se rendre compte, aujourd’hui, que les Guinéens ne le croient plus et qu’à cause de lui, la parole du Gouvernement a perdu toute crédibilité.

Ibrahima DIALLO

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