« ils ont dit de gouverner autrement et nous aussi on va vendre autrement » (commerçants)

Chaque année, le mois de Ramadan rime avec une inquiétude grandissante chez la population guinéenne, puisqu’elle est confrontée à une hausse exponentielle des prix des produits de grande consommation. Ce samedi 10 avril 2021, votre quotidien en ligne Médiaguinée a promené son micro devant quelques commerçants et des citoyens résidant dans la capitale guinéenne. Se rendant cet après-midi chez les vendeurs de sacs de riz, de sucre, d’oignon, d’œufs, de boîtes de beurre et de mayonnaise mais aussi de viande, on a constaté des augmentations non des moindres.

Selon un constat fait par un de nos reporters, il faut retenir que les prix des denrées alimentaires varient d’un quartier à un autre à Conakry. L’année dernière par exemple, au mois d’avril, un sac de riz de 50 Kg était vendu à 290 mille GNF. Cette année, le même sac de riz est vendu à 330 mille GNF. Le sac de sucre de 50 Kg qui se vendait à 320 mille Gnf est aujourd’hui autour des 390 et 395 mille Gnf par endroits. Si nous prenons par exemple une alvéole à œufs qui se négociait entre 32 à 35 mille, elle tourne aujourd’hui autour de 39 mille. Les boîtes de conserve ont aussi enregistré de légères augmentations, constate-t-on.

Trouvé dans sa boutique, MS grossiste, détenteur d’une boutique depuis plusieurs années à Koloma, donne les raisons de cette augmentation « Les gens disent souvent qu’il y a la cherté de la vie, mais ils oublient que même en Chine les prix ont augmenté. Si vous remarquez même, les prix du transport et du dédouanement ont triplé ces 10 dernières années. 1 conteneur qui coûtait moins de 50 millions de francs guinéens s’élève jusqu’à 14 000 mille dollars. Ce qui équivaut à 140 millions de francs guinéens. Imaginez, si les prix du transport et du dédouanement augmentent, on est obligé aussi de revoir le prix à la hausse pour ne pas vendre à perte. Ils ont dit de gouverner autrement et nous aussi on va vendre autrement. », a-t-il précisé.

Mamadou Diouldé Diallo est aussi détenteur d’une boutique d’alimentation et de prestation de services à Koloma. Il croit savoir les raisons de cette cherté. « L’année dernière, une alvéole d’œufs était vendue entre 32 à 35 mille Gnf et aujourd’hui c’est 39 mille. Et les boîtes d’un kilogramme de beurre et de mayonnaise se revendent à 35 mille. Et l’année dernière c’était à 28 mille. Les raisons de cette hausse vertigineuse des prix est la conséquence de la fermeture des frontières entre la Guinée et le Sénégal, parce que la plupart de ces produits viennent de là-bas. Sur l’augmentation du prix des œufs, elle est sans doute liée à la fermeture de la ferme d’Elhadj Alsseny Barry il y a de cela quelques mois. Ce qui a fait des pertes considérables. Parce que lui seul produisait la quasi-totalité des œufs consommés à Conakry. »

Sur cette flambée des prix, la viande ne reste pas en marge de cette augmentation. A défaut d’avoir un boucher, on a rencontré devant une boucherie à Koloma, Moussa Keïta qui a accepté de se confier au micro de notre reporter en ces termes : « Il y a juste quelques mois, j’avais l’habitude d’acheter 1 Kg de viande à 45 mille et aujourd’hui à 55 mille. Lorsque j’ai demandé les raisons de cette augmentation, que j’appelle fantaisiste, le boucher m’a fait comprendre qu’il y a une rareté des vaches chez nous actuellement et la plupart des vaches viennent du Mali voisin. Et avec le coût de transport, il dit être obligé de revoir souvent le prix en fonction de l’acquisition des taureaux. »

Pour finir, si l’on s’en tient aux déclarations du président de la République, la cherté de vie ne fait que commencer pour les Guinéens. Il a annoncé il y a juste deux (2) semaines que nous allons souffrir cette année 2021, que les mois à venir seront durs économiquement chez tout le monde. Cela est dû au retentissement des activités par la covid-19.

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