‘’gouverner autrement, ça aurait été de commencer par libérer les opposants…’’

Le slogan « gouverner autrement » du chef de l’Etat continue à susciter des réactions au sein de la classe politique guinéenne. Ce jeudi, Sidya Touré qui était l’invité des « GG » de la radio Espace FM, a été abordé sur le sujet. Pour lui, il n’y a rien de nouveau dans ce que le locataire de Sekoutouréya a décidé de faire pendant les six ans qui lui restent encore au pouvoir.

C’est depuis l’étranger où il séjourne actuellement qu’il a été joint par nos confrères d’Espace FM. Il estime que le président de la République n’est toujours pas dans un véritable élan d’instaurer le sérieux et la rigueur dans l’administration.

« N’importe qui d’entre vous, comme moi qui suis à l’étranger, je vous suis à travers mon téléphone Android. Son me prend la télé, ça ne change pas grand-chose. Donc, ce n’est pas là, la question et la question c’est de se mettre réellement au travail et s’occuper des vrais problèmes qui se posent à nous. Et ce n’est pas en faisant le catalogue de tout ce qui n’a pas fonctionné que nous allons pouvoir résoudre ça. Quand j’ai écouté le président Alpha Condé, j’ai eu l’impression qu’il faisait un discours en 2010 parce qu’en fait, il était en train de dire pendant les dix (10) ans, tout ce qui a été fait n’était pas bon et que nous allons nous y prendre autrement et si c’est le cas, il y’a un problème », a indiqué Sidya Touré.

Concernant le dialogue auquel l’on appelle presque sans cesse dans le pays, le leader de l’UFR martèle que cela ne peut se faire pendant que de nombreux opposants croupissent en prison.

«Ecoutez! C’est un délit de droit absolu. Nous sommes en train de revenir pratiquement à la pensée unique ou parti unique. On pourchasse les responsables des partis politiques, on interdit les gens de sortir et on maintient en prison les gens comme Gaoul ou Soropogui. Et je le dis toujours, ce sont des jeunes gens qu’on connait et qui représentent quelque chose dans ce pays. Vous n’allez pas les prendre et mettre en prison, après dire nous allons dialoguer. Non! D’ailleurs c’est de là que le dialogue commence. D’abord il faut commencer par cette décrispation. Ces gens ont été interpellés pour rien du tout. Moi-même, on a envoyé, à 4 heures du matin, des militaires chez moi pour aller me chercher. On est dans une situation absolument inacceptable. Donc, je suis absolument opposé à l’idée que des responsables politiques de ce niveau en Guinée, puissent être interpellés et envoyés en prison pour rien. Donc ‘gouverné autrement, ça aurait été de commencer par libérer ces gens-là pour dire nous ouvrons la porte, nous allons nous rencontrer en frère et discuter des affaires de notre pays. Si ce n’est pas le cas, nous sommes en train de tourner en rond », s’est-il justifié.

L’équipe De La Rédaction – Tél : (00224) 628954199