YOMOU : la révision de la constitution pour un 3ème mandat d’Alpha Condé déferle la chronique.

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Aujourd’hui en Guinée dans le débat sur la révision de la constitution les ‘‘pours et les contres’’ sont à couteaux tirés. Le débat s’enlise et pollue l’actualité dans les quatre coins du pays. La préfecture de Yomou dans le sud de la Guinée, le débat sur la modification de la constitution est rude et chacun y va de son commentaire.

Depuis un certain temps, le débat sur une éventuelle modification de la constitution afin de permettre à l’actuel président guinéen de briguer un 3ème mandat ne cesse de diviser. Les mouvements de soutien et de contre soutien se multiplient de Conakry à Yomou, souvent soldés par des affrontements et interpellations.

Du côté des promoteurs pour une nouvelle constitution, on trouve l’actuelle constitution obsolète et c’est pourquoi il y a nécessité de la modifier. « La constitution promulguée le 7 mai 2010 a été élaboré au profit d’un groupe à la quête du pouvoir obéissant aux instructions de la junte militaire (CNDD) qui ont été transposés pour faire office de la loi fondamentale sur la responsabilité du conseil national de transition (CNT), explique Pé Menissia Mahomy président de l’Union Démocratique de la Mouvance (UDEM), un mouvement de soutien au RPG parti au pouvoir ». Poursuivant, Pé Menissia Mahomy affirme que la constitution actuelle ne reflète pas les préoccupations de la population. De 2010 à nos jours ce sont les accords politiques qui ont pris l’avantage sur la constitution ce qui revient à dire que notre constitution mérite d’être révisée au bénéfice d’un développement durable et non en faveur de la politique politicienne, martèle Pé Menissia Mahomy président UDEM de Yomou. Pour terminer, il dira en substance que la révision de la constitution n’est pas synonyme de troisième mandat. »

La question divise même au sein des QG des partis politiques.

A Yomou au sein du parti au pouvoir, on ne conjugue plus le même verbe. Si certains partisans soutiennent la modification de la constitution, d’autres sont contre et ne partagent pas cet avis. Selon un militant du RPG qui a préféré garder l’anonymat, les conditions ne sont pas acquises à cause des élections qui sont en attente. L’article 27 de la constitution stipule que le Président de la République est élu au suffrage universel direct. La durée de son mandat est de cinq ans, renouvelable une fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non, a expliqué ce militant.

Même son de cloche dans le rang de l’opposition. A en croire Joseph Sossouadouno du bloc libéral et Alpha Seydou Bah de l’UFDG, la modification de la constitution aboutira à un éventuel troisième mandat pour Alpha Condé, chose que l’opposition et le peuple de Guinée ne vont pas accepter.

Si les uns et autres définissent clairement leur opinion sur la question de la constitution d’autres se réservent. Amara Touaro souhaiterait que la modification de la constitution soit au profit de la population guinéenne, selon lui la question du troisième mandat n’est pas importante mais une bonne personne qui peut développer le pays, même si le président actuel se présentait c’est le peuple qui est suprême.

Modifiée la constitution n’est pas mauvaise mais la modifiée pour une présidence à vie est un danger.

Pour les observateurs et analystes avertis, le débat de la modification de la constitution réside dans l’avenir que cette nouvelle constitution va réserver au président sortant qui est à son dernier mandat. Suite aux divergences qui existent entre les promoteurs d’une nouvelle constitution et ceux-là qui s’opposent, je m’inquiète de notre futur, a souligné cet analyste. La modification d’une constitution n’est pas mauvaise en soi. Pour rappel beaucoup de pays ont connu la modification de leurs constitutions. C’est le cas de la Côte d’ivoire en 2016, le Mali en 2015 tout cela concourait à l’amélioration des conditions de vie de leur peuple. Mais il ne faudrait pas que la modification de la constitution soit en faveur d’une présidence à vie, avertit Cé Gbamy.

Il faut rappeler qu’en avril dernier dans la préfecture de Lola, les 79 maires des communes urbaines et rurales de la Guinée forestière ont plaidé pour une révision constitutionnelle.

Lolaplus.org 

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