Soudan: les militaires utilisent la force pour disperser le «sit-in»

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Des forces de l’ordre déployées sur les lieux du «sit-in» de la contestation à Khartoum au Soudan, le 3 juin 2019.

« Une tentative du Conseil militaire de disperser le “sit-in” par la force est en cours », a déclaré dans un communiqué, ce lundi 3 juin, l’Association des professionnels soudanais (SPA), acteur majeur de la contestation. Des coups de feu ont été entendus dans le centre de la capitale soudanaise. Il y a des morts.

De nombreuses scènes de chaos ce matin. Et les forces de sécurité positionnées sur plusieurs axes ont pénétré à l’intérieur du sit-in, le cœur de la révolution. L’opération est menée principalement par les RPF (Regional protection force), la milice paramilitaire de Mohammed Hamdan Dagalo, surnommé Hemetti, le numéro 2 de la junte.

Les soldats ont tiré à balles réelles sur les manifestants, les ont frappés à coup de bâtons provoquant la panique. Des tentes ont été incendiées tandis que les protestataires fuyaient en courant, ramassant au passage les victimes et les transportant dans les hôpitaux de campagne ouverts en plusieurs endroits du sit-in.

Plusieurs morts

La ville est pleine de patrouilles. Difficile si ce n’est impossible de circuler dans certains quartiers. L’Association des professionnels soudanais (APS) a demandé à plusieurs ONG comme Médecins sans frontières (MSF), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de venir en aide aux médecins du sit-in submergé. Le Comité des médecins parle de 9 morts, une source médicale du sit-in parle de 14 morts.

L’association a aussi demandé aux gens de bloquer les routes, les ponts, de protéger la révolution, pacifiquement, et ce dans tout le pays et aussi de se mettre en grève générale. Le Conseil militaire sera tenu pour responsable, a indiqué l’APS, qui appelle à une campagne de désobéissance civile. Des habitants ont dressé des barricades en divers endroits de Khartoum, paralysant certaines zones, complètement désertes d’ailleurs avec les magasins fermés.

Cela fait plusieurs jours qu’on pressentait une telle attaque. Il y a eu plusieurs fusillades la semaine dernière, notamment dans le quartier de Nile Street, faisant au moins trois morts et des dizaines de blessés. Les chefs du Conseil militaire avaient déclaré que le sit-in était devenu un danger pour le pays. Et les civils répondaient, eux, que les soldats cherchaient simplement une excuse pour démanteler le cœur de leur révolte. C’est peut-être ce qui est en train de se jouer ce matin.

Rfi.fr  

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