Merkel et Macron décidés à intensifier leur coopération

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Un déjeuner en tête à tête puis une séance de travail dans l’après-midi. A moins de trois mois des élections européennes, Emmanuel Macron et Angela Merkel veulent continuer à faire vivre la relation franco-allemande et à entretenir la dynamique européenne qui risque de s’enliser au gré des campagnes électorales nationales. Le président français veut profiter d’une « relation forte » et « efficace » pour « agir au niveau de l’Union européenne et avoir une Europe qui soit plus unie, plus souveraine […] et aussi plus démocratique ».

Le Conseil européen du 21 mars doit être l’occasion pour les deux dirigeants de mettre sur la table sans tarder leurs propositions sur une future politique industrielle de l’Europe et les réformes à apporter sur  la politique de la concurrence qui a montré ses limites avec la décision de Bruxelles d’interdire la fusion des branches ferroviaires d’Alstom et de Siemens. Le président français a souligné son intention de pousser son idée d’un budget de la zone euro, que l’Allemagne, en se forçant un peu, a accepté de soutenir.

Berlin bloque des exportations d’armements

Il y a toutefois un point de tension potentiellement fâcheux que Paris et Berlin vont devoir dénouer dans les prochains mois. Le gouvernement allemand  a suspendu en octobre les ventes d’armements vers l’Arabie saoudite après le meurtre du journaliste et opposant Jamal Khashoggi, à Ankara.

Motivée par des considérations politiques et de défense des droits de l’homme, la politique d’autorisation allemande en matière d’exportation d’armes, encadrée par la loi, aboutit concrètement au blocage de la vente d’équipements dans lesquels la France, la Grande Bretagne et l’Italie sont impliquées. Airbus et MBDA, parties prenantes dans la fabrication des avions de combat Eurofighter, Tornado et dans les missiles Meteor se plaignent de l’attitude allemande qui peut bloquer une exportation alors que « seule une pièce allemande minuscule est entrée dans sa fabrication », s’emportait il y a peu le président exécutif d’Airbus, Tom Enders.

Au moment où la France et l’Allemagne se lancent dans des  programmes de coopération industrielle pour construire l’avion et le char du futur, ils vont devoir aligner leurs positions et construire une doctrine commune. Angela Merkel s’est montrée ouverte à la discussion : « On ne peut pas être pour une armée européenne et refuser de discuter sur les programmes communs » a-t-elle indiqué mercredi à l’Elysée.

Accord pour un report du Brexit

L’unité de vue est en revanche totale entre Paris et Berlin sur le sujet du Brexit qui s’invitera une fois de plus au sommet européen. A quelques jours de la date prévue pour la sortie du Royaume-Uni de l’Europe, alors que le suspense sera à son comble, il s’agira pour les Européens d’accepter ou non  un report des discussions pour tenter à nouveau de trouver un accord de divorce ordonné.

« Si le Royaume Uni veut plus de temps, on ne s’y opposera pas » a dit Angela Merkel avant qu’Emmanuel Macron ajoute une condition : « que la demande d’extension soit justifiée par de nouveaux choix des Britanniques. Nous ne pourrons en aucun cas accepter une extension sans une perspective claire sur l’objectif poursuivi ».

Catherine Chatignoux

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